samedi 27 juin 2015

New Victoria (l'intégrale, livre 1) - Lia Habel

Intégrale T1 + T2 aux éditions Bragelonne, 2014, 792 pages

New Victoria : une civilisation high-tech obéissant aux codes et aux modes de l'ère victorienne, dont les frontières sont menacées par des rebelles curieusement difficiles à tuer. Bien loin des combats armés, Nora, jeune aristocrate en crinoline, a un destin tout tracé : épouser un membre de la haute société et collectionner les robes de bal. Faire honneur à la mémoire de son père, l'éminent docteur Dearly. Rien, dans sa délicate éducation victorienne, ne l'a préparée à un violent kidnapping, ni à survivre dans le camp d'une faction rebelle. Et pourtant elle devra surmonter ses craintes et ses préjugés pour comprendre la nature du véritable danger qui menace les vivants... comme les morts. 





Mon avis -

Le livre me faisait envie depuis des mois. Déjà, rien qu'à la couverture des éditions Castelmore, j'en étais amoureuse. Mais lorsque j'ai vu que les éditions Bragelonne avaient sorti une version intégrale (ci-dessus), comprenant donc les deux tomes de la série, avec une couverture à tomber et des pages aux bords dorés (la grande classe, s'il-vous-plaît !), eh bien je n'ai pas pu résister plus longtemps. Il faut savoir déjà que j'adore l'imaginaire steampunk et l'époque victorienne est de loin l'une de mes préférées dans l'histoire, alors c'était tout bénef.

Pourtant, c'est avec déception que j'entamai ce tome. La plume de l'auteur a beau être agréablement belle, les descriptions durant les cinquante premières pages m'ont parue longues et plates. Certes, il est normal que l'auteur prenne le temps de nous détailler ce monde où se mêle univers victorien et technologies futuristes dont nous ignorons tout, mais l'intrigue était quasiment inexistante, de même que l'action.

Ensuite, tout s’enchaîne. Nora et Pamela, deux meilleures amies faisant leurs études dans une école prestigieuse afin de devenir de parfaites ladies, voient leur monde s'effondrer avec l'apparition d'étranges protagonistes : des zombies qui parlent (oui, oui, de vraies phrases et non des râles repoussants), avec un esprit en état qui ne se résume pas à "manger cerveaux" et un libre arbitre. Nora va très vite faire la connaissance de l'un d'entre eux, un jeune zombi dénommé Bram, et finit par lui accorder sa confiance. Cela peut paraître invraisemblable, mais après quelques pages, on s'y fait et on y prend goût.

Mais le côté "on sort des traditions" ne s'arrête pas là ! Lia Habel semble avoir la ferme intention de rejeter les clichés des zombis dévoreurs de cervelles et vouloir les mettre sur le même piédestal qu'une autre catégorie de morts-vivants bien connus : les vampires. Et ça marche. Bram est... Je l'adore. Beaucoup. Et pourtant c'est un zombi, mais c'est impossible de ne pas l'aimer. Tout dans son comportement nous fait oublier ce qu'il est. Et c'est dérangeant, voire carrément malsain. J'ai encore du mal à me faire une véritable idée de ce à quoi Bram et sa clique ressemble. En effet, avec tous les films de zombis qui existent, il est aisé de s'imaginer des hommes en décomposition, les membres décharnés et l'air hagard. Mais imaginer ce genre de personne avec une personnalité attachante à ce point, c'est dur. Encore plus avec le sarcasme et l'humour de Tom et Chas, zombis eux aussi, mais Dieu comme je les adore !

Quant à la narration, le point de vue change à chaque chapitre. Cela peut peut-être en repousser quelques uns mais pourtant, j'ai trouvé l'idée bonne. Ainsi, l'auteur nous permet d'en savoir plus sur les différents personnages de l'histoire, d'être sur la même longueur d'onde qu'eux et d'avoir une vision plus globale des choses. Si Pamela me paraissait sympathique mais sans plus lorsque je lisais le point de vue de Nora, je peux vous garantir qu'avec les chapitres consacrés à celle-ci, je suis restée bouche-bée. Cette fille est en fait géniale. C'est d'ailleurs l'un des seuls personnages qui nous est décrit en train de se battre, et croyez-moi elle n'a pas froid aux yeux ! Parce que oui, voilà LE point faible de ce premier tome de New Victoria : zéro sensation forte. Aucune vraie scène de combat si ce n'est les techniques d'auto-défense de Pam. Je m'attendais à beaucoup plus, et avec une plume aussi belle j'avais hâte de voir ce que cela pouvait donner, mais l'auteur n'a pas répondu à mes attentes.

Pourtant, même avec ce manque d'action, New Victoria est un page turner incroyable. L'intrigue est bien menée et l'auteur semble ne rien laisser au hasard. Dommage que la fin soit un peu précipitée, ce n'est pas passé loin pour que ce soit un coup de cœur. En conclusion, ce livre reste une révélation que je vous conseille vivement.


Ma note : 8.5 / 10


« - [...] Bon Dieu ! les gars, je n'arrête pas de la revoir sur ce toit, dans sa jolie robe, en train de tirer sur ces foutus machins. Ce... c'était beau. Je vous jure, tellement beau que la seule explication envisageable doit être l'existence d'un dieu aimant et trop génial. Mes amis, je crois que j'ai découvert la foi. »

vendredi 26 juin 2015

Chroniques de Zombieland T1, Alice au pays des zombies - Gena Showalter


Aux éditions Harlequin (Darkiss), 2013, 521 pages

Moi, Alice, j'ai cessé de me croire au pays des merveilles le jour où je les ai vus. Eux, les monstres. Ils existent. Ils ont pris ma petite sœur. Ils ont dévoré mes parents. Bientôt, ils seront partout et ils dévoreront vos familles, vos copains, notre monde... Vous voulez ça ? Non, moi non plus. Alors, je vais rejoindre Cole et sa bande, et avec eux, je vais me battre jusqu'à la mort s'il le faut. Contre les monstres ... les Zombies.









Mon avis -

Vous aimez les adolescentes qui n'ont pas froid aux yeux ? Les bad-boys ? Les combats contre les zombies ? Mais le tout surmonté d'une pointe d'humour ? Félicitations, vous avez trouvé le livre parfait.

Il faut dire ce qu'il en est, ce premier tome des Chroniques de Zombieland est une petite merveille. La couverture est superbe et le titre est accrocheur — et il ne faut pas s'y référer. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Alice au Pays des Zombies est loin, très loin d'être une adaptation contemporaine / post apocalyptique d'Alice au Pays des Merveilles. Les seules ressemblances avec le célèbre conte s'arrêtent au prénom de l'héroïne, Alice, et au mystérieux nuage en forme de lapin. Parfois, l'autrice nomme ses chapitres avec un clin d'œil au conte (Un thé chez les fou sanguinaires, ou encore Qu'on lui coupe la tête !), mais rien d'autre.

Loin d'être un personnage de conte, vous l'aurez compris, notre protagoniste principale a un caractère bien à elle. D'une jeune fille brisée par les coups du destin, elle nous montre rapidement qu'elle ne manque pas d'ambition et n'est pas du genre à se laisser abattre. Elle est loyale, n'a peur de rien, et a une répartie ma-gni-fique
Kat, sa meilleure amie, est un personnage que j'adore. Malgré ce qu'elle traverse, elle supporte ce lourd poids sur ses épaules au nom de l'amour et de l'amitié, et ne laisse paraître que sa bonne humeur. Sans oublier que son humour est un véritable rayon de soleil, apportant une touche de fraîcheur au roman.
Quand aux bad-boys... Il n'y en a pas qu'un ici, mais toute une bande et ce pour notre plus grand bonheur. Et des tueurs de zombies, qui plus est. Malheureusement, on ne sait pas grand-chose d'eux, mais derrière leur allure froide et bagarreuse, il est certain qu'ils ont un grand cœur. Et puis, le chef de ce petit groupe, Cole, est une version on ne peut plus séduisante du mauvais garçon classique. Son personnage dégage un charisme fou et son sarcasme est à tomber.

L'intrigue en elle-même pourrait paraître banale : il existe un tas de romans post-apocalyptiques dans lesquels des morts-vivants affamés viennent terroriser les humains, mais ce n'est qu'un leurre. Point positif ou point négatif, cela dépend de vos goûts, les zombies décrits dans ce livre ne sont pas ceux auxquels nous ont habitués la littérature ou les films jusqu'alors. Personnellement, je trouve que c'est ici ce qui fait le charme et le caractère unique de cette saga. Et je préfère d'ailleurs croire que les zombies sont comme ceux des Chroniques de Zombieland plutôt que nos copains de The Walking Dead.

L'enchaînement narration / discours est justement dosé et l'on est rapidement pris dans l'histoire. C'est un de ces livres où durant ma lecture, je n'ai plus vu le temps passer, notamment arrivée à mi-chemin de l'aventure. Les rebondissements et les combats s'enchaînent, et l'on ne s'en lasse pas. La plume est fluide, les actions sont bien menées, tout comme les descriptions qui ne manquent pas. Bref, un coup de cœur


Ma note : 10 / 10


« - Etes-vous entrain de suggérer que je suis de mèche avec les zombies ? Que je les ai payés pour feindre de m'attaquer afin de vous obliger à me laisser rejoindre vos rangs ?
- Est-ce le cas? à interrogé M. Holland.
- Mais évidemment, ai-je répondu d'une voix aigre-douce. Vous avez raison. J'ai dîné avec John Zombie la semaine dernière. On s'est régalés: steaks saignant et une bouteille de O positif. Il m'a révélé tous ses secrets, mais c'est bien dommage: je lui ai promis que je ne dirais rien. En échange, je lui ai demandé de réunir ses meilleurs potes pour me courir après dans le jardin de ma copine. Oh! Et puis, bien sûr, je leur ai dit que ça ne me posait aucun problème qu'il me prennent comme amuse-gueule. De toute façon, garder ses organes sur soi est totalement ringard, non ? »

jeudi 25 juin 2015

Les Anges Déchus T1, Hush hush - Becca Fitzpatrick

Aux éditions Pocket Jeunesse, 2011, 364 pages

L'amour ne faisait pas partie des plans de Nora Grey. Elle n'avait jamais été particulièrement attirée par les garçons de son école, même si sa meilleure amie, Vee, faisait tout pour ça. Mais ça, c'était avant l'arrivée de Patch. 

Avec son sourire et ses yeux qui semblent voir à l'intérieur d'elle-même, Nora est attirée vers lui malgré elle. Mais après une série de rencontres effrayantes, Nora ne sait plus en qui avoir confiance. Patch apparaît partout où elle est et semble en savoir plus sur elle que ses meilleurs amis. Elle ne sait trop si elle doit lui tomber dans les bras ou s'enfuir. Et quand elle décide de chercher des réponses, elle entrevoit une vérité plus troublante encore.




Mon avis -

Une histoire prenante et ce presque dès le début de notre lecture. Dès les premières pages, l'autrice nous plonge dans l'intrigue en nous présentant sur un plateau d'argent une héroïne assez banale, Nora, et un personnage sombre et énigmatique (et attirant) qui semble surgir de nulle part. Les actions s'enchaînent et le mystère se fait de plus en plus ressentir. Qui est derrière tout ça ? Et pourquoi ? Nora se retrouve en effet au milieu d'un tas d'événements qui la dépassent bien vite. L'aura mystique qui plane au-dessus du nouvel élève, Patch, l'attire et l'épouvante, alors que les péripéties, qui semblent toutes liées à ce garçon, se suivent à une vitesse effrayante. D'autant que ce garçon finit par complètement l'obséder, et on la comprend. Le personnage de Patch, sa beauté évidente, ses répliques mordantes et son mystère envoûtant a tôt fait de nous charmer. Bien qu'il soit le parfait stéréotype du mauvais garçon séduisant à souhait qui s'entiche de l'héroïne, on ne peut en vouloir à l'autrice de nous servir un tel cliché. Les secrets qu'il tente de garder nous poussent, tout comme Nora, à toujours chercher à en connaître davantage sur lui. 

S'en vient ensuite la rencontre de Nora avec Elliot, un garçon qui semble lui courir après mais qui ne fait qu'envenimer les choses. C'est d'ailleurs l'un de mes personnages favoris dans ce premier tome (déjà que j'adore ce prénom...) et son rôle ainsi que celui de son ami Jules m'a bluffé. L'autrice a su donner à chacun d'eux une fonction et un caractère qui fait que, bien que secondaires, ces personnages sont les clés de l'intrigue. 

Les chapitres m'ont paru assez courts mais l'action est présente et justifiée. Néanmoins, je regrette que Becca Fitzpatrick ne soit pas aller plus loin dans celle-ci : tout reste assez "soft", même lorsque Nora frôle la mort. Le style de l'autrice est fluide, même si les dialogues sont présents en quantité trop importante et c'est bien dommage. J'ai eu l'impression que ces derniers s'enchaînaient les uns à la suite des autres sans qu'ils ne viennent apporter un plus à l'histoire. Point positif : les raisonnements et interrogations de Nora sont retranscrits et permettent une meilleure identification au personnage.

L'intrigue n'est pas une exclusivité mondiale et ce n'est pas une de ces histoires qui vous marquent pour des années, mais elle mérite de nous tenir en haleine et de nous pousser à toujours vouloir en savoir plus. Les personnages sont tous attachants et singuliers, et bien que le couple soit un cliché déjà vu et revu, on ne peut que les aimer. Si la fin du tome semble présager un "et ils vécurent heureux pour toujours", les questions laissées en suspens nous poussent à acheter au plus vite la suite. Alors oui, Hush Hush est un bouquin que je recommande vivement, mais il ne faut pas s'attendre à quelque chose d'époustouflant.


Ma note : 7.5 / 10


« - Et en plus, tu sens bon, reprit Patch.
- Ça s'appelle «prendre une douche», répliquai-je sans tourner la tête.
Comme il ne répondait pas , je lui jetai un regard en coin.
- Tu sais : savon, shampoing, eau chaude.
- Toute nue. Oui, je connais le principe. »