mardi 18 avril 2017

The Witches of the Glass Castle - Gabriella Lepore [eng/fr]

Aux éditions Oftomes Publishing, 2017, 321 pages

Mia’s life is thrown through a loop when she discovers her family secret — that she and her brother Dino are witches. After they are sent away to study their craft, they begin down a path that will change their lives forever.


Suddenly thrust into a world where handsome warriors command the power of nature and people’s thoughts and actions can be manipulated at will, Mia and Dino struggle to navigate their own allegiances and do what they know to be right when everything around them seems beyond their control.





English -

I got the chance to read The Witches of the Glass Castle thanks to Oftomes Publishing (BIG THANKS!). I was really excited about this book since it deals with teenage witches and as a potterhead, I don’t need anything else to get seduced.

I started it as soon as I received the ebook copy and I must admit my expectations might have been too high. Although it was a page turner and one of those books perfect to read in one sitting, everything was predictable. From the main plot to the love interest, you didn’t have to be Sherlock to know what was going to happen. I love being surprised and some novels still manage to make me gasp – unfortunately not The Witches of the Glass Castle.

I felt disconnected from the characters from the beginning to end. They weren’t that bad, but a part of themselves was missing. Maia was the typical teenager who’s lost and lacks of self-confidence, and her brother Dino was the big brother who thinks to be superior to anyone. Their personality was defined only by those characteristics and I wished Maia and Dino were more deep. Therefore, Maia had so little sense, she was acting like an annoying 13 years old girl. If people say “don’t do that”, she will do it right away and then will start whining because it went wrong. On the other hand, I was more convinced by Kizzy and Blue (Maia and Dino’s friends). Even if they only had few passages, they seemed to be nice and supportive friends. But they needed more development (and more passages, my poor sweethearts)!! And Colt was a no-no for me, way too predictable, worse than Maia.

Despite those facts, I enjoyed reading this novel. The concept of one child = one kind of power was interesting and it offers a lot of possibilities. I would have loved to read more about the other children in the Glass Castle rather than only four of them. Knowing what kind of other powers exist, how teenagers deal with it, if they create alliances with the others by combining the strength of their power together, and so on. Also, I loved the idea of one big house where teenage witches can learn to control magic, though I would have liked a bit more witchy things (spells, potions…) but even without it didn’t spoil the story.

Overall, The Witches of the Glass Castle wasn’t the best for me I guess. The storyline itself was good, but the characters were the biggest flaw. I checked Goodreads reviews just after finishing the novel.  It seems to be appreciated by a lot of people and I wish I could have enjoyed it as much as they did. I will definitely read the second book (The Witches of the Dark Power), supposing that the characters would have matured. 

Français - 

A venir

Ma note : 7 / 10


« [...] I believe everyone is born equal – a blank canvas. And it's the choices we make that will ultimately define who we will become. Not just as witches, but as men and women alike. »



samedi 8 avril 2017

[Découvrir] La littérature coréenne en France


Avant propos : Ce panorama retraçant l'histoire de la littérature coréenne en France est un article qui me tenait à cœur depuis longtemps et qui est assez largement inspiré d'un essai que j'ai eu à rédiger il y a quelques mois. Je ne détiens pas la connaissance absolue en littérature coréenne et ce que j'expose ci-dessous n'est qu'un condensé de ce que j'ai pu retenir de mes cours de littérature coréenne et de mon avis personnel sur la question.



Lorsque l’on entre dans une librairie et que l’on s’aventure vers le rayon dédié à la littérature asiatique, force est de constater que la littérature japonaise domine le marché, la Chine sur ses talons, et la Corée loin derrière. Quant aux autres pays asiatiques, c'est presque s'ils étaient invisibles (sauf exceptions, comme la littérature indienne).

Pourtant, la traduction de la littérature coréenne remonte à la fin du dix-neuvième siècle, avec Printemps parfumé (traduit par J.-H Rosny). Mais le fantasme coréen n’est pas au rendez-vous et les traductions restent rares. Il faut attendre la fin du vingtième siècle pour qu'enfin le public français commence à se montrer plus réceptif à cette littérature. Des maisons d’éditions et magasines littéraires se lancent dès lors dans la publication de plusieurs œuvres coréennes. On retrouvera notamment chez Actes Sud de nombreux titres comme Blessures d’avril (Yi Oryong, 1989) ou Notre héros défiguré (Yi Munyol, 1992). La collection Lettres coréennes voit le jour chez L’Harmattan et permet la publication d'ouvrages tels que Le chant mélodieux des âmes (Han Mahl-sook, 1995) ou Cent pétales d’amour (Kim Cho-hye, 1998). Les éditions Philippe Picquier enrichissent également leur catalogue par leurs premières sorties coréennes, avec par exemple L’âme du vent (Oh Jung-hi, 1995 ou 1998).

Les premiers romans traduits sont très identiques dans leurs thématiques. Tous ou presque narrent les tempêtes qui ont fait rage sur la péninsule au vingtième siècle : la blessure de l'occupation japonaise du début du vingtième siècle jusqu'en 1945, le déchirement de la division imposée par la Conférence de Yalta en 1945, la douleur de la guerre qui s'en suivit (1950-1953), la rudesse de la vie durant les années de dictature au Sud (jusqu'à la fin des années 80). Le quotidien de ces auteurs se retrouvent au fil des pages et leur style est souvent empreint d'une certaine mélancolie, poésie noire de cœurs en peine. Le début des années 2000 poursuit le même chemin, terminant d'introduire plus largement la littérature coréenne à travers les grands écrivains du vingtième siècle dont la plume peint le destin des Coréens durant cette époque troublée. Quelques exceptions s'autorisent un voyage dans le passé, plaçant l'intrigue au temps des rois de Corée.


Fin des années 2000, tournant de dizaine. La Corée attire de plus en plus le regard sur elle, notamment avec la pop coréenne et les dramas (séries tv) qui commencent à rencontrer un certain succès auprès du public français. C'est aussi un virage pour la littérature coréenne qui connait un véritable vent de fraîcheur. Des auteurs plus jeunes apparaissent, balayant les thématiques de leurs aînés et en amenant de nouvelles. Celles-ci sont plus abordables à l'international, les problématiques et enjeux soulevés pouvant se retrouver dans la société française actuelle (tandis que la guerre et la séparation nous sont étrangers). On y lit alors les détresses d'une jeunesse en quête d'identité et de reconnaissance, les difficultés des relations humaines, les combats du quotidien. Et le public semble y être réceptif, car le nombre de publications coréennes a drastiquement augmentée. Des auteurs comme Hwang Sok-yong (Toutes les choses de notre vie, 2016) Kim Young-ha (Ma mémoire assassine, 2015) ou Lee Seung-U (La vie rêvée des plantes, 2009) se démarquent du lot avec entre 7 et 10 œuvres traduites dans la langue de Molière.


Mais si la littérature coréenne se développe en France, on regrettera néanmoins le manque de diversité de genres exploités. Lorsque l'on jette un coup d’œil aux centaines de livres coréens traduits, on serait tenté de croire que les Coréens n'écrivent pas ou quasiment pas de fantastique, de science-fiction ou de fantasy, ni de littérature pour un public adolescent (sauf des manhwa et quelques (très) rares titres chez Philippe Picquier). En réalité, tout ceci existe bien. En arpentant les rayons des librairies de Séoul, on en trouve forcément : ce n'est pas une denrée rare. Les pays voisins de la Corée (Chine, Japon et Taiwan) bénéficient de ces traductions. Les veinards ! A quand leur arrivée sur l'hexagone ?

mercredi 5 avril 2017

Une braise sous la cendre T1 - Sabaa Tahir

Aux éditions Pocket Jeunesse, 2015, 523 pages

" Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai."

Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.




Mon avis -

Une braise sous la cendre m'a été offert par une amie et je lui en suis extrêmement reconnaissante, car grâce à ce roman je mets enfin un terme à ma panne de lecture. Une braise sous la cendre fut par ailleurs ma première lecture Young-Adult de 2017 et après avoir délaissé ce genre pendant plusieurs mois, c'est un délice de le retrouver.

Ce roman de Sabaa Tahir avait reçu beaucoup d'amour des communautés livresques et il me faisait énormément envie, tant par son univers oriental que par sa couverture alléchante. Pourtant, je n'en ai fait l'acquisition que deux ans après et en relisant son résumé, mes attentes se firent moindres. Il exhalait de ce livre des effluves de romance vue et revue, et j'entamais ainsi ma lecture un peu à reculons. 

On retrouve donc un monde désertique, peuplé des dunes à perte de vues et des tribus nomades... Et une séparation entre deux sociétés : les Érudits et les Martiaux, dont les caractéristiques ne sont pas sans rappeler les factions de Divergente. Les deux protagonistes principaux sont chacun issus de l'une de ces sociétés, nous permettant ainsi de découvrir ces deux milieux. L'un est opprimé tandis que l'autre règne, tout puissant. 

Malheureusement, je ne suis pas parvenue à m'attacher aux personnages alors que beaucoup d'autres lecteurs semblent avoir été conquis. Laia, Érudite et esclave de la Commandante, est le personnage le plus agaçant que j'ai pu rencontré dans un roman. Elle ne fait que se plaindre (comme si son sort était le plus cruel, je ris bien fort), accorde sa confiance de manière tellement aléatoire que cela jouait avec mes nerfs, et manque cruellement de courage. Alors oui, elle casse le mythe de la protagoniste féminine parfaite, mais elle est énervante à souhait
Elias (fils de la Commandante, Martial) est plus intriguant, en quête de liberté et rejetant la violence des Martiaux. Là-dessus, rien à dire, il a gagné ma sympathie. Mais le triangle amoureux dont il est le centre lui fait perdre en intérêt. Ces romances brisent le rythme de l'histoire et n'apportent pas grand chose.

Mon curiosité n'a été éveillée que par Cuisinière et Helene (mon personnage favori de ce premier tome, unique figure féminine de sa promotion et cauchemar (ou fantasme) de ses camarades), et j'espère les retrouver dans le second tome et en apprendre davantage sur elles.

Pour revenir à l'intrigue, elle est intéressante mais pas fascinante. Le monde décrit a su me faire voyager et l'introduction de la mythologie orientale à l'histoire m'a émerveillée. C'est sombre, c'est mystique, c'est dangereux et ça me plait. Il manque juste un petit quelque chose pour m’envoûter. Peut-être le manque d'action a-t-il participé à me laisser insatisfaite, malgré de rares scènes de combats rudement menées par l'autrice.

Une braise sous la cendre fut donc une agréable découverte malgré quelques éléments méphitiques, et c'est avec une envie – modérée – que j'espère bientôt lire le second tome. 


Ma note : 7.5 / 10


« La peur peut être bonne, Laia. Elle peut te maintenir en vie. Mais ne la laisse pas te contrôler. Ne la laisse pas semer le doute en toi. Lorsque la peur prend le dessus, combats-la avec plus puissant qu'elle : ton esprit. Ton cœur. »

jeudi 26 mai 2016

To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur) - Harper Lee

Aux éditions Grand Central Publishing, 2010, 376 pages

Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort. 

Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès et reçut le prix Pulitzer en 1961. Il ne suffit pas en revanche à comprendre pourquoi ce roman est devenu un livre-culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays, pourquoi, lors d'une enquête réalisée aux Etats-Unis en 1991, sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, il arrivait en seconde position, juste après la Bible. [...] (résumé de l'édition française)


Mon avis -

Je souhaitais commencer à lire en VO, et ne sachant pas très bien vers quoi me tourner, j'ai décidé d'opter pour un classique de la littérature américaine. Je connaissais approximativement la renommée du livre, mais ignorais tout de l'histoire. Ce n'est pas forcément le genre que j'ai l'habitude de lire, néanmoins j'avais hâte de m'y plonger, d'autant que la couverture des éditions Grand Central Publishing était très très attirante.

Mais mon enthousiasme retomba bien vite. J'avais peut-être un peu surestimé le niveau requis pour lire un tel roman en anglais et j'ai rencontré bon nombre de petites difficultés de vocabulaire qui ont mis à mal ma compréhension du récit (surtout au début, le temps de prendre mes repaires – un young-adult aurait été bien plus simple et c'est ce que je conseille à quiconque souhaiterait commencer la lecture VO). Par ailleurs, les personnages avaient beau être attachants, je ne voyais pas où l'autrice voulait nous emmener. Tout était très simpliste, et lire environ 400 pages avec une telle lenteur dans l'intrigue ne me motivait plus vraiment.

Cependant, plus j'avançais – tant bien que mal – dans ma lecture, plus je comprenais pourquoi ce bouquin avait rencontré (et rencontre toujours) un tel succès. Si la première partie du livre se contente surtout de planter le décor, la seconde est un véritable bijou. Le personnage principal et narrateur se trouve être une fillette prénommée Scout, garçon manqué, aventureuse et culottée. Peut-être un peu trop en avance pour son âge, mais attendrissante. Elle et son grand-frère Jem incarnent, si je puis dire, l'innocence de l'enfance. Ils rêvent de liberté et leur imagination est débordante. Pourtant, au fil des pages, les péripéties qui surviennent vont les faire entrer dans le monde réel, le monde des adultes. Harper Lee nous dépeint avec émotion le cheminement vers l'âge adulte et ses mensonges.

Nous voyons ces enfants grandir au gré des mots, vivre de nouvelles expériences, qu'elles soient plaisantes ou non. Atticus, leur père, est l'un de ces bons samaritains comme on n'en fait plus. Cet avocat éduque seul ses chérubins, épaulé par la cuisinière de maison, Calpurnia. Il a pour préoccupation première d'élever ses enfants dans le respect et la tolérance, souhaitant faire d'eux de bonnes personnes.

Mais lorsque celui-ci doit prendre la défense d'un Noir accusé à tort d'un viol, les choses vont se compliquer pour la petite famille. Le père comme ses enfants vont devoir faire face aux regards et reproches de leurs voisins ; dans les années 30, défendre un Noir est mal vu et équivaut à un combat perdu d'avance. Le fait de voir au travers les yeux d'une enfant rend le texte d'autant plus touchant, et je ne m'attendais pas à l'adorer à ce point. L'innocence de Scout mêlée à la force du récit m'a tout simplement submergée.

Il est également important de souligner que si le racisme est le noyau central de l'histoire, d'autres thèmes viennent s'y ajouter : l'acceptation de l'Autre (c'est à dire de ce qui est différent de nous tant par la couleur de peau que par la manière de vivre, etc.), la place de la femme et sa représentation (notamment avec la Tante Alexandra) et le fait de grandir, quitter le monde de l'enfance. La plume d'Harper Lee fut une très agréable découverte, riche et poignante, et j'admire la façon dont ces thèmes ont été abordés. 

Ce livre est une merveilleuse leçon de vie et de tolérance, empreint de nostalgie et criant de vérité. On en ressort bouleversé.


Ma note : 9.5 / 10


« Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu'est le vrai courage, au lieu de t'imaginer que c'est un homme avec un fusil à la main. Le courge, c'est de savoir que tu pars battu, mais d'agir quand même sans s'arrêter. Tu gagnes rarement, mais ça peut arriver. ».